samedi 21 avril 2012

Vestiaire chimérique


En 2011, la costumière Anna Cocciadiferro et Fleur Howle ont conçu et élaboré au Royaume Uni une exposition itinérante en collaboration avec l'Unité de recherche sur les récifs coralliens à l'Université d'Essex.
Intitulée Poséidon's Palace, elle avait pour but de mettre en évidence, par le biais de figures allégoriques tirées des mythes grecs, notre impact sur le climat de la terre, et illustrant ce que nous commettons de destructif à l'égard de nos récifs coralliens.
Outre une sculpture faite d'un véritable récif de corail éclairé par des jeux de lumières animées, l'installation comprenait une série de costumes inspirés par la biologie des coraux et leur milieu, et un véritable atelier textile où le public pouvait contribuer collectivement à la conception de la robe de Poséïdon. L'ensemble était soutendu par la lecture d'un texte émouvant faite par le comédien David Bower.

Echinoidea Pinked Aristotle
© Anna Cocciadiferro

Corail et perruque nuptiale de zooxanthellae
© Anna Cocciadiferro

Eleutherobia
© Anna Cocciadiferro

Épaulettes embryonnaires
© Anna Cocciadiferro

Emma Hawkins est designer taxidermiste et collectionneuse de curiosités.
Disséquées, intégrées, sculptées, assemblées et cousues par Anna Cocciadiferro pour une autre série d'expositions intitulée Hybrids, ses trouvailles prennent un envol surprenant et magique. Dentelles de vertèbres de serpent, oursin entremêlé dans un maillage de cheveux, patchwork d'épines de porc-épic, lucanes et plumes d'oie... entre onirisme et mythologie, le résultat est d'une magnifique extravagance !

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One Hundred Braids For
One Hundred Brushes For The Ostrich Bride
© Anna Cocciadiferro


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Stag Beetle Constraint
© Anna Cocciadiferro

Détail lucane cerf-volant
© Anna Cocciadiferro

vendredi 6 janvier 2012

Surtout ne pas se mouiller


Land submerged!
Sequence:#11
Handcut papercollage - 2007

Land submerged!
Draft design:#2
Handcut papercollage - 2007

Collages de Nikolas Tantsoukes, qui immanquablement m'évoquent ce texte de Prokop Voskovec publié en 1990.
Divagations sublimes et quelque peu kafkaïennes.

«Surtout ne pas se mouiller!»
Prokop Voskovec
Extrait paru dans la revue Autrement, H. S. n° 46 - 1990.
«L'historiographie marxiste officielle, qui depuis plus de quarante ans filtre prudemment la chatoyante richesse des faits historiques, n'a évidemment pas même effleuré le thème des piscines pragoises. Entre autres, sans doute, parce que tout ce qui touche à la nudité du coprs humain sape en fait à la base la vision de l'Histoire fondée sur la théorie des classes, sans parler de l'évidente -et inquiétante- métaphysique de l'élément aquatique.
L'eau est en réalité l'unique élèment qui puisse envelopper le corps dans son ensemble et dans sa totalité. Le directeur de la première écluse pragoise, un certain Horteli Klapanek qui, au siècle dernier, passa ses meilleures années à chercher ce qu'il appelait le contact total -profondément déçu par l'amour où l'étreinte la plus étroite laisse de grandes parties du corps non touchées- a finalement, après avoir avoir testé en vain toutes sortes de matières (des années de travail avec le velours), trouvé l'eau. La maison qu'il s'est fait construire à la prériphérie de Prague, dans la vallée de Sarka, et que le maire a fait détruire après sa mort scandaleuse, pourrait constituer une piscine idéale, que je crois unique dans le monde entier. Le système de contacts total conçu par Klapanek mérite donc quelques mots.
Horteli avait fait fabriquer une valise étanche, de dimmensions correspondant à sa taille moyenne, et chaque fois qu'il éprouvait le désir métaphysique d'un contact total, il remplissait la valise d'eau, s'y laissait enfermer, puis véhiculer jusqu'à sa maison. Là, on introduisait la valise dans un monte-charge spécial qui la hissait jusqu'au grenier servant de réservoir d'où l'on déversait le propriétaire dans une anti-chambre, ou mieux dans une première piscine. Un mystérieux système d'écluses permettait ensuite à Klapanek de couler à son gré de pièce en pièce et d'étage en étage. Les chambres correspondaient à leur usage habituel, toute la différence était dans le fait qu'il s'agissait en même temps de piscines décorées avec goût. Ce qui fit scandale, c'était une piscine souterraine et secrète, conçue comme un caveau de famille. Après la mystérieuse disparition d'une aristocrate bourgeoise et de Klapanek lui-même, on découvrit des tuyaux conduisant au caveau depuis un bassin caché où l'on trouva des restes d'un dissolvant puissant. Klapanek, sans doute, s'était laisé dissoudre avec sa maîtresse, et ils avaient coulé ensemble dans les conduits du tout-à-l'égout municipal. En plus du fait que Klapanek appartient sans conteste à la riche gamme des personnages magiques dont prague regorgeait à l'époque, l'affaire fut exploitée politiquement.
...»

© Nikolas Tantsoukes
#4 - Papercollage on cardboard
b/w and color - 2007

Et plus loin, portraits déconstruits et visages mélancoliques (Stadtleben, Série Orange), entre harmonie et conflit, espérances et déceptions... personnages étranges mais si touchants, et dont on a plutôt l'impression que ce sont eux qui nous regardent... "ça me regarde!"

jeudi 3 décembre 2009

Mise en abîme



Vertige...

samedi 21 novembre 2009

Escalier chromatique

La marque Volkswagen a décidé de faire parler d'elle en Suède.
Mettant en avant sa théorie du plaisir, elle a décidé de démontrer qu'en ajoutant quelques éléments ludiques aux objets qui nous entourent, on pouvait changer le comportement des gens.
En octobre dernier, s'associant avec le collectif Rolighetsteorin, elle a lancé une expérience qui avait pour but d'inciter les gens à emprunter les escaliers, plutôt que d'opter pour la solution facile des escalators. Pour cela, les marches d'escalier d'une station de métro ont été transformées en touches géantes de piano, faisant la joie des habitants de Stockholm...

L'utilisation des escaliers a augmenté de plus 66% par rapport à la normale.

vendredi 31 juillet 2009

Roberto Kusterle


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Le photographe Roberto Kusterle est né à Gorizia en Italie en 1948.
Ses monochromes sont étranges et empreints d'une forte charge symbolique, univers mystérieux et ambivalant que n'aurait pas renié Lewis Caroll et qui n'est pas sans évoquer parfois les images du chef-d'oeuvre d'Andreï Tarkovski, 'Le miroir', film où chaque plan est conçu comme un tableau, indéfinissables reflets du subconscient.
"Tout ce que nous voyons cache quelque chose d'autre", écrivait Magritte.
La dernière photo, celle du renard musicien, m'évoque curieusement "La cicatrice intérieure", film de Philippe Garrel sorti en 1972, sorte d'apologie de la virginité et des origines du monde, qui mettait en scène la blancheur (celle des chevaux, celle des vêtements du petit Balthazar Clémenti ou de la tenue de Christian Aaron Boulogne, de la neige et de la glace, la blancheur de la peau de Pierre Clémenti et de celle de Nico...) mais qui surtout exhaltait les éléments de la nature, l’eau, l’air, la terre...
Qui se souvient de la chanson du petit chevalier !?

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Photos © Roberto Kusterle

jeudi 16 juillet 2009

Allumé de la pompe

Marchez, marchez, il en restera toujours quelque chose.
Venez, ampoules et durillons, cors et déformations,
plats des pieds et transpireux...
Ecoutez l’histoire !!!
Il recueille une vieille pompe abandonnée,
une de celles qui ont mêlé leur vie à la vôtre,
qui vous ont servi pour le meilleur et pour le pire.
Celle qui vous ressemble.
Il l’adopte, la console.
Elle lui raconte sa vie..
Réflexion...Illumination :
- Toi tu es Sarah Bernhardt!
Emmerveillement de la pompe, rêve et espoir.
Le Gepetto des temps modernes opère sans
anésthésie. Il découpe au scalpel, implante
des prothèses, recoud dans le vif.
Il invoque l’imaginaire. L’imaginaire donne vie.
- Maintenant tu es Sarah, lui souffle-t-il, avant de
s’assoupir, exténué.
- Je suis Sarah, reprend-elle avant de s’endormir...
à ses pieds.
Tiré de la revue Jeunes Créateurs - 1998

Pompes célèbres
Les stars du pomp'art
© Photos Philippe Moulu
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Rejetant le sérieux mortifère, voire même le faux humour appropriationiste qui sied aux productions de la dominance actuelle, Philpippe Pluchard s'amuse réellement, pour ne pas dire qu'il prend son pied, puisque ses matériaux de base sont tout simplement de vieilles chaussures...

Par ordre d'apparition, de gauche à droite et de haut en bas :
  • Dali II
  • Il était une fois... 1993
  • Le vieilleux
  • Laura H
  • Bébert le vert
  • Elvis

Merci à Ptilou pour le lien.
 
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