vendredi 6 janvier 2012

Des voeux pour 2012


Pollination © R.S. ParkeHarrison

Pour ne pas risquer de formuler des voeux apotropaïques - santé, désenvoûtement, retour de l'être aimé, retour du travail et de la prospérité... -, je vous souhaite tout simplement, à vous qui passez, de rester polis  ;-)

SOYEZ POLIS
Jacques Prévert

Il faut être très poli avec la terre
Et avec le soleil
Il faut les remercier le matin en se réveillant
Il faut les remercier pour la chaleur
Pour les arbres
Pour les fruits
Pour tout ce qui est bon à manger
Pour tout ce qui est beau à regarder
A toucher
Il faut les remercier
Il ne faut pas les embêter...
Les critiquer
Ils savent ce qu'ils ont à faire
Le soleil et la terre
Alors il faut les laisser faire
Ou bien ils sont capables de se fâcher
Et puis après
On est changé
En courge
En melon d'eau
Ou en pierre à briquet
Et on est bien avancé...

Le soleil est amoureux de la terre
Ça les regarde
C'est leur affaire
Et quand il y a des éclipses
Il n'est pas prudent ni discret de les regarder
Au travers de sales petits morceaux de verre fumé
Ils se disputent
C'est des histoires personnelles
Mieux vaut ne pas s'en mêler
Parce que
Si on s'en mêle on risque d'être changé
En pomme de terre gelée
Ou en fer à friser

Le Soleil aime la terre
La terre aime le soleil
Et elle tourne
Pour se faire admirer
Et le soleil la trouve belle
Et il brille sur elle
Et quand il est fatigué
Il va se coucher
Et la lune se lève
La lune c'est l'ancienne amoureuse du soleil
Mais elle a été jalouse
Et elle a été punie
Elle est devenue toute froide
Et elle sort seulement la nuit
Il faut aussi être très poli avec la lune
Ou sans ça elle peut vous rendre un peu fou
Et elle peut aussi
Si elle veut
Vous changer en bonhomme de neige
En réverbère
Ou en bougie

En somme pour résumer
Deux points, ouvrez les guillemets :

« Il faut que tout le monde soit poli avec le monde ou alors il y a des guerres ... des épidémies des tremblements de terre
des paquets de mer des coups de fusil ...
Et de grosses méchantes fourmis rouges qui viennent vous dévorer les pieds pendant qu'on dort la nuit.
»


Kingdom © R.S. ParkeHarrison

Les photographies de Robert et Shana ParkeHarrison racontent des histoires de perte, de lutte de l'homme, d'exploration personnelle au sein de paysages défigurés par la technologie et la consommation excessive.... vision onirique d’une humanité perdue.
Leurs images sont le fruit d'une longue préparation.
«Nous commençons une série en mettant longuement à plat nos intentions, ce que nous voulons exprimer et les scènes que nous souhaitons créer. Nous effectuons ensuite des dessins assez précis, à partir de là nous créons les accessoires et développons les idées, nous commençons à expérimenter en photographiant tout cela, jusqu’à ce que nous obtenions l’image désirée.
Il faut un mois pour réaliser chaque image, une année pour une série entière.
Notre démarche est avant tout picturale, mais nous utilisons les techniques et le matériel propres à la photographie noir et blanc. Nous altérons ensuite nos images par des procédés personnels, avant de repeindre directement par-dessus


Robert se pose comme acteur de ses propres images, le personnage solitaire au costume noir c'est lui, Shana appuie sur le déclencheur.
Il se représente à la fois comme un inventeur, un scientifique, un gardien et un idiot qui s'efforce de façon métaphorique et poétique de lier actions laborieuses, rites idiosyncratiques et machines invraissemblables, et par là même propose l'idée que l’artiste est, de par sa vision du monde, un travailleur, indispensable et acharné certes, mais dont le rêve éveillé constitue une sorte de remède fantastique et halluciné à notre réalité post-industrielle ravagée par le dérèglement global.


Suspension © R.S. ParkeHarrison

The Clearing © R.S. ParkeHarrison

The Sower © R.S. ParkeHarrison

The Architect's Brother - Robert & Shana ParkeHarrison.
Twin Palms Publishers - 2000.

Merci à Gérard pour cette belle découverte.

mercredi 3 août 2011

Voyage estival entre terre et mer


Au milieu des turpitudes météorologiques d'un mois de juillet plutôt morose, la baie de l'Authie noyée dans les plantes halophiles,

Cliquer pour agrandir dans une nouvelle fenêtrespartines et salicornes, arroches pourpières, lilas de mer, puccinelles et oreilles de cochon...

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(cliquer sur les photos pour une meilleure lisibilité)

Beaucoup plus bas et amorçant la Normandie, tel un écran démesuré, réfléchissant à la perfection la lumière de l'occident, la falaise d'Ault vue depuis le Bois de Cise.

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Après la Côte d'Opale et son temps souvent gris uniforme et plus que mouillé, après avoir vainement couru après les merveilleux nuages admirés naguère, c'est finalement de retour dans l'est que l'on aura la chance d'un ciel comme celui-ci...

Cliquer pour agrandir dans une nouvelle fenêtreUn ciel comme une forêt, sombre et ouvert sur la lumière...

mercredi 2 février 2011

Nuages de janvier


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Ecrin d'air pur, ultimes froids de l'hiver.
Signature neigeuse aux marges de soie violine,
bise glaciale soufflant aux ailes déployées des oiseaux,
ivres et dessinant de larges paraboles sur fond d'éther.


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Dans un ciel aux couleurs de marbre cipolin,
vapeur liquide, sombres méduses éparpillées,
nuages effrangés vêtus d'encre noire,
chevelures fuligineuses naviguant follement.

(Cliquer sur les photos pour les agrandir.)

mercredi 16 décembre 2009

Ciel d'hiver


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Edredons volants
De soie nomade
Rumeur de soleil

mardi 14 juillet 2009

De la vraie nature des nuages

Que sait-on des nuages ? D'où viennent-ils, où vont-ils, qui sont-ils ? Longtemps considérés comme des mystères changeants et mobiles, ils ont fini par livrer leur secret : ce sont des champignons sans pied.
Dans ce livre publié en 1998, Philippe Obliger raconte avec une certaine malice et un talent certain la genèse de cette découverte sans précédent dans l'histoire scientifique. Et de nous assurer que le nuage appartient à un monde où règne une plénitude de pensées et d'actions diverses, dont certaines n'excluent pas l'humour.
Il joint à ses propres conclusions une mini-anthologie où se côtoient les noms les plus fameux : Baudelaire, bien sûr, et ses merveilleux nuages, mais aussi Léon-Paul Fargue, Percy B. Shelley, Goethe, Victor Hugo, Lao Tseu... ainsi qu'un glossaire, traduction du mot "nuage" dans toutes les langues du monde, y compris les termes vernaculaires.

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Philippe Obliger est né en 1953 à Delle, entre deux éclaircies. Titulaire d'un doctorat sur les greffes végétales, il est l'auteur de nombreuses sculptures réalisées à partir de cactus: échelles, cubes, scies, poissons... et s'occupe des cactacées au jardin botanique de Strasbourg. De la vraie nature des nuages est son premier texte publié.

vendredi 5 juin 2009

Nuage de lait


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«La cuillère tournait dans le café, dispersant en volutes claires le nuage de lait qui y avait été disposé pour former des fractales.
Yves Kramer observait le phénomène et pensa un instant que ce lait dans le café était comme la galaxie dans l'univers. Tout tourne. La planète. Les sentiments. les problèmes. Ce qui est en bas est destiné à monter. Ce qui est en haut est destiné à descendre.
Il se dit aussi que si l'on tournait très longtemps, il y avait peut-être une chance de retrouver le premier nuage de lait d'origine...
»

Le papillon des étoiles
(Bernard Werber)

vendredi 22 mai 2009

Je me lâche, tu te lâches...

...on slache !

SlachesChose promise chose due!
Avec en prime un petit bout de mes gambettes voici mes dernières oeuvres, des slaches d'une rare élégance, taillées dans de l'alcantara d'un exquis rouge alizarine, avec semelles extérieures en cuir basané de type nubuck et semelles intérieures, rouges, rembourrées par inclusion de semelles intermédiaires en skaï véritable avec léger réhaut sur la partie arrière... coutures ton sur ton piquées façon "sellier", finitions main, qualité et conforts garantis, de l'ouvrage de première qualité !
Petit mais costaud, il n'y a que slache qui m'aille !

Merci à Mam'zelle Angèle grâce à qui j'ai découvert le livre japonais «My Own Handmade Room Shoes».


Me voilà devenue pantouflarde, et ça tombe à point nommé, parce que j'ai un joli paquet de lecture a engloutir, à commencer par le passionnant roman de Stéphane Audeguy «La théorie des nuages» (merci à Giscard le survivant), et le fabuleux «Guide du chasseur de nuages» de Gavin Pretor-Pinney où j'apprends -entre autres- qu'il existe une nomenclature nuageuse. On peut en effet identifier les nuages, de la même manière qu'on le fait pour les plantes... c'est dire si je suis aux anges, je vais enfin pouvoir herboriser le nez en l'air.

Le ciel de mercredi m'ayant justement offert ce splendide sujet d'étude, je tente de mettre en pratique mes premiers acquis, apparemment il s'agirait d'un spécimen de cumulonimbus...

Cumulonimbus incus
«Les cumulonimbus sont des nuages d'orage caractérisés par leur gigantesque hauteur. Cette hauteur est habituellement suffisante pour atteindre le plafond de la troposphère, où ils se déploient en un panache de particules de glace qui peut apparaître lisse, fibreux ou strié. Leur base est sombre et ils produisent de fortes averses -souvent de grêle- qui peuvent être accompagnées de tonnerre et d'éclairs.»

Pour les manifestations climatiques c'était tout à fait ça, une pluie, très forte et accompagnée d'un vent violent, qui s'est transformée en grèle.
Et comme cette espèce de nuage colonnaire assez compact semblait surmonté d'une manière de toupet plus lâche et évasé, un peu fibreux, il pourrait même s'agir d'un incus, variété de cumulonimbus qui a la particularité d'avoir un sommet élargit en forme d'enclume. La photo ne prend malheureusement pas en compte la totalité du nuage, il aurait fallu que je débute la lecture du livre de Pretor-Pinney avant de décider d'un cadrage aussi serré...

samedi 2 mai 2009

Se perdre dans les nuages



DE LA NATURE
Lucrèce (-98, env.-55 av. J-C)

« Les nuages : leur origine.
Les nuages se forment lorsqu'un assez grand nombre de leurs éléments, en volant dans les hautes régions du ciel, se rencontrent soudain et grâce à leur légère aspérités s'enchevêtrent d'une manière assez lâche, mais suffisante pour maintenir leur cohésion. Ils commencent ainsi à consituer de petites nuées; puis celles-ci se réunissent et s'agrègent entre elles, et s'accroissent par leur réunion, et sont ensuite emportées par les vents, jusqu'au moment où s'élève la tempête furieuse. (1)

On observe en outre que plus les cimes des montagnes sont voisines du ciel, plus leurs hauteurs semblent constamment exhaler une fumée produite par l'épaisse obscurité d'une fauve nuée. La raison en est que, au moment où les nuages commencent à se former, quand ils sont encore trop ténus pour être perçus par notre oeil, les vents qui les emportent les rassemblent à la cime des montagnes.
C'est là seulement que, réunis en troupe plus nombreuse et plus dense, ils commencent d'être visibles; et ils semblent alors surgir du sommet de la montagne même et s'élancer dans les airs. Car les hauts lieux sont sans cesse battus des vents, comme l'expérience même nous le montre, et le témoignage de nos sens, lorsque nous gravissons de hautes montages.

En outre, un très grand nombre d'élèments s'élèvent, suivant une loi naturelle, de toute la surface de la mer : on le voit assez par les étoffes pendues sur le rivage, quand elles s'imprègnent d'humidité. Il apparaît donc que l'accroissement des nuages peut être dû, pour une large part, aux vapeurs qui s'élèvent de l'agitation des flots salés; car il y a parenté étroite entre ces deux sortes d'humidité.

En outre, de tous les cours d'eau comme de la terre elle-même, nous voyons monter des brouillards et des vapeurs qui, telle une haleine expirée du sol, sont emportés dans les airs, répandant par le ciel les flots de leurs ténèbres, et forment les hautes nuées en se rassemblant peu à peu : une pression en effet est aussi exercée d'en haut par la chaleur de l'éther étoilé, et c'est celle-ci en quelque sorte qui, en condensant leur matière, voile l'azur d'un tissu de nuages.

Il est possible aussi que notre ciel reçoive de l'extérieur ces éléments qui forment les nuées et les nuages aériens; car innombrable est leur nombre, infinie est l'étendue de l'espace, comme je l'ai enseigné; et j'ai montré également quelle vitesse prodigieuse animait le vol de ces éléments, quelles distances inexprimables ils pouvaient franchir en un instant. Il n'est donc pas étonnant que souvent, en un temps très court, de tels amas de nuages amenant avec eux la tempête et les ténèbres couvrent les mers et les terres sur lesquelles ils pèsent de toute leur hauteur : puisque de tous côtés par tous les pores de l'éther, et, pour ainsi dire, par tous les soupiraux qui s'ouvrent autour de ce vaste monde, la sortie et l'entrée sont librement assurés à tous les éléments.»

(1) « les nuages, dit Epicure (-341, - 270 av. J-C), peuvent se produire et se rassembler, soit par suite de condensations de l'air déterminées par les vents, soit par suite de l'enlacement de certains atomes aptes à s'accrocher les uns aux autres et à former ainsi les nuages, soit par suite de la réunion de certains courants émanés de la terre et des eaux... »
Lettre à Pythoclès § 99.

Comment alors ne pas penser à ce que disait Freud à propos du travail du rêve, qui selon lui procède par condensation, déplacement et figuration !?
(L'interprétation des rêves - 1900)
Et d'extravaguer sur les origines de l'expression "être dans les nuages" qui désigne le doux rêveur...
Dans Le Corps tragique Supervielle écrit : "Les souvenirs sont du vent, ils inventent les nuages."

vendredi 17 avril 2009

Le train des nuages

Tren a las Nubes.

Le train qui relie Salta, au nord-ouest de l'Argentine, à San Antonio de Los Cobres emprunte l'une des voies ferrées les plus spectaculaires du monde.
À plus de 4 000 m d'altitude, frisant parfois les 4900 m, passant sur des viaducs, enjambant des précipices, se frayant un passage dans un somptueux décor de lacs salés, de déserts et de montagnes colorées sur fond de ciel bleu, le "chemin de fer General Manuel Belgrano" conçu par l'ingénieur américain Richard Maury entre 1921 et 1948 sous la présidence d'Hipólito Yrigoyen, traverse les vallées andines et les hauts plateaux de la Cordillère des Andes dans un parcours vertigineux qui donne parfois l'impression d'aller côtoyer les nuages.
Construite à grands frais à travers l'altiplano argentin, sa réalisation fut une véritable prouesse technique. Un système fait de 21 tunnels, 13 viaducs en fer, 2 tronçons en boucles et zig-zag et pas moins de 29 ponts, lui permet d'enjamber des ravins sur plusieurs centaines de mètres, de se cramponner à la paroi rocheuse, et d'escalader des pentes vertigineuses sans avoir recours aux crémaillères.
Le viaduc de la Polvorilla au terminus de la ligne est à 4200 m d'altitude, il fait 224 m long et 70 de haut, et pèse 1600 tonnes.

En 1971 les autorités eurent l'idée d'un train touristique sur cette ligne, et le 16 juillet 1972 eut lieu le voyage inaugural de ce qui allait s'appeler le Tren a las Nubes ou Train des Nuages.


Bien que la voie ferrée existe toujours, pour des raisons de sécurité et au vu de la vétusté de certaines installations, seule la circulation des trains de marchandises y est maintenue. Ceux-ci disposent cependant, outre les fourgons réservés au fret, d'un unique wagon voyageurs qui permet de contenter une poignée de touristes et les quelques locaux qui viennent vivre au milieu de ces déserts.

Mais dés 1949, dans "Le temple du soleil", Tintin fit l'expérience de son parcours vertigineux, bien avant qu'il ne s'appelle Le train des nuages.


mercredi 18 mars 2009

Paul Gauguin


«(...) Un conseil, ne peignez pas trop d'après nature.
L'art est une abstraction, tirez-la de la nature en révant devant et pensez plus à la création qu'au résultat (...)»


Extraits d'une interview de Paul Gauguin par Eugène Tardieu (journaliste à l'Écho de Paris).
«......
-Alors vos chiens rouges, vos ciels roses ?
-Sont voulus absolument ! Ils sont nécessaires et tout dans mon oeuvre est calculé, médité longuement. C'est de la musique, si vous voulez !
J'obtiens par des arrangements de lignes et de couleurs, avec le prétexte d'un sujet quelconque emprunté à la vie ou à la nature, des symphonies, des harmonies ne représentant rien d'absolument réel au sens vulgaire du mot, n'exprimant directement aucune idée, mais qui doivent faire penser comme la musique fait penser, sans le secours des idées ou des images, simplement par des affinités mystérieuses qui sont entre nos cerveaux et tels arrangements de couleurs et de lignes.
-C'est assez nouveau !
-Nouveau! [...] Mais pas du tout ! Tous les grands peintres n'ont jamais fait autre chose! Raphael, Rembrandt, Velasquez, Botticelli, Cranach, ont déformé la nature. Allez au Louvre, voyez leurs oeuvres, aucune ne se ressemble; si l'un d'eux est dans le vrai, tous les autres ont tort selon votre théorie, ou bien il faut admettre qu'ils se sont tous fichus de nous !
La nature ! La vérité ! Ce n'est pas plus Rembrandt que Raphael, Botticelli que Bouguereau.
Savez-vous ce qui sera le comble de la vérité bientôt ? C'est la photographie quand elle rendra les couleurs, ce qui ne tardera pas.
Et vous voudriez qu'un homme intelligent suat pendant des mois pour donner l'illusion de faire aussi bien qu'une ingénieuse petite machine !
En sculpture, c'est la même chose; on arrive à faire des moulages parfaits sur nature; un mouleur adroit vous fera comme ça une statue de Falguière quand vous voudrez!
... »


lundi 16 mars 2009

Peindre le ciel...

Le ciel a toujours fasciné les peintres, pour ses lumières et par ses couleurs, que ce soient celles des nuages ou de l'azur. Des primitifs italiens à Claude Gelée ou de Turner à Monet, en passant par Constable et par tous ces 'capteurs' de lumière que furent les impressionistes, sans oublier Magritte et ses nuages joliment boudinés, la liste est longue.
Mais en matière d'illustrations on parle peu des ciels et pourtant il en est qui me touchent particulièrement, ce sont ceux du berlinois Michael Sowa qui travaille comme peintre et illustrateur depuis 1975.
Même si son oeuvre n'est pas représentative de l'élément séraphique (les animaux anthropomorphisées et mis en scène de façon surréaliste prédominent dans son travail), ses images sont toujours empreintes d'une lumière particulière, un peu douce, un peu crayeuse, lorsque le ciel se pare de ce bleu si particulier qu'on ne trouve qu'en hiver à l'heure où le givre et la neige font résonner la lumière, ou de cette nuance lavée, lactée, parfois un peu fanée par une touche d'or pâle, des matins brumeux qui n'en finissent pas de nous enfouir dans la ouate.




Grève de nuages

Retour de week-end, le ciel boude à la manière d'une peinture de Zao Wou-Ki (趙無極 ).
Madame rêve...


Dommage.
Dis, c'est comment qu'on freine, Herr Major ?


samedi 14 mars 2009

Samedi au paradis

Gentils nuages rondouillets comme des gros moutons assoupis, bedonnants boudinés, sages comme des gros édredons aux couleurs de roses fanées...




Et un ciel par dessus les toits avec son troupeau de cheminées et sa panoplie de rateaux, avec le bleu, la fumée bien chaude et tous les ors qui vont avec...


Le jour idéal pour se mettre Bojan z entre les oreilles en dégustant -nuage-, un apple & cheddar cheese scone tout droit sorti du four, avec un five o'clock tea... sans nuage de lait !

(La recette des scones est ici >>> . Pour info, 450° F sont équivalents à 232,22222222222223°C, pas facile à régler hein !
Et pour les 'cups' et autres 'tablespoons', c'est ici, et )


mercredi 11 mars 2009

Nuages d'un jour


Au bout de mon objectif, le ciel d'aujourd'hui dans toute sa splendeur, nuages frangés d'or dans l'espace infini, nulle monstruosité, nulle extravagance humaine pour troubler la quiétude de la patrie céleste, hâvre de la faune à plumes...

Ciel de mardi


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Par dessus le ciel d'un bleu splendide tout un vol de nuages blancs nageant avec une lenteur de cygne, un grand arroi de cumulus à l'architecture monumentale gonflés et blancs comme du lait, roulottés comme des boules de coton, ébouriffés à la crête par le vent et frangés de bleu à l'assise...
Et sous ce dais virginal, les péripéties d'une espèce de tout petit bourdon tremblotant, noir, à la culotte marron vaguement rayée de sombre, une osmie qui, s'aiguisant les pattes sur le bord d'un minuscule pot de sempervivum et s'agrippant soudain à l'étroite et longue foliole d'un muscari, se balance à la folie, au gré du vent, jusqu'à ce que d'un mouvement de pattes et remontant l'escarpolette improvisée elle se retrouve à butiner sur les grappes bleutées au doux parfum de musc avant de s'élancer d'un vol balbutiant dans l'air un peu fraîchi.

En semaine et faute de jardin on se fait le printemps qu'on peut, j'écoute/ré-écoute les oeuvres pour piano du 'baron' Satie... les titres sont à mourir de rire, au hasard je prend Les Pécadilles importunes: «Etre jaloux de son camarade qui a une grosse tête», «Lui manger sa tartine», «Profiter de ce qu'il a des cors aux pieds pour lui prendre son cerceau»... dans les Menus propos enfantins le joli «chant guerrier du roi des haricots», «Ce que dit la petite princesse des tulipes», «Valse du chocolat aux amandes».
Et l'Enfance de Ko-quo (Recommandations maternelles)... «Ne boit pas ton chocolat avec tes doigts», «Ne souffle pas dans tes oreilles» et «Ne met pas ta tête sous ton bras»...

Mais je découvre Satie à la mandoline par le Melonious Quartet... Une "petite ouverture à danser" qui se prend des airs de musique médiévale, ce que n'aurait certes pas désavoué l'auteur de "Sonnerie de la Rose-Croix" et "Danses gothiques".

 
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