vendredi 1 juillet 2011

Une vie de chien


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« Jacques demanda à son maître s’il n’avait pas remarqué que, quelle que fût la misère des petites gens, n’ayant pas de pain pour eux, ils avaient tous des chiens ; s’il n’avait pas remarqué que ces chiens, étant tous instruits à faire des tours, à marcher à deux pattes, à danser, à rapporter, à sauter pour le roi, pour la reine, à faire le mort, cette éducation les avait rendus les plus malheureuses bêtes du monde. D’où il conclut que tout homme voulait commander à un autre ; et que l’animal se trouvant dans la société immédiatement au-dessous de la classe des derniers citoyens commandés par toutes les autres classes, ils prenaient un animal pour commander aussi à quelqu’un. Eh bien ! dit Jacques, chacun a son chien. Le ministre est le chien du roi, le premier commis est le chien du ministre, la femme est le chien du mari, ou le mari le chien de la femme ; Favori est le chien de celle-ci, et Thibaud est le chien de l’homme du coin. Lorsque mon maître me fait parler quand je voudrais me taire, ce qui, à la vérité, m’arrive rarement, continua Jacques ; lorsqu’il me fait taire lorsque je voudrais parler, ce qui est très difficile ; lorsqu’il me demande l’histoire de mes amours et qu’il l’interrompt : que suis-je autre chose que son chien ? les hommes faibles sont les chiens des hommes fermes. »
DIDEROT, Jacques le Fataliste et son maître.

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Chiens de petite taille à vendre... la portée fut nombreuse.
Lainage pour les fraîches soirées d'hiver mais pouvant facilement s'adapter à toutes les saisons, incrustations en peaux d'emprunt et ligatures bariolées, le tout généreusement molletoné et doublé de cotonnade -assortie ou pas-, avec petite poche interne pour les maniaques du rangement.
Onze centimètres par quinze, pas plus.
Les amateurs sont invités à se manifester auprès de l'Animalière de Service qui tient sa permanence dans la colonne de droite, dans la rubrique "signaux de fumée".

mardi 28 juin 2011

Montre-toi !


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TEMPS, subst. masc. :
Milieu indéfini et homogène dans lequel se situent les êtres et les choses et qui est caractérisé par sa double nature, à la fois continuité et succession.
Absol. Durée indéterminée et continue. Le temps passe et court. C'est une ruine magnifique et qui bravera le temps et les hommes pendant bien des siècles encore (Georges Sand, Histoire de ma vie - 1855)
Montres perpétuelles à porter en sautoir, ne nécessitant aucun réglage, donnant l'heure dans le monde, la date et les phases de la lune. D'aucuns prétendent qu'elles donnent aussi la météo marine, mais les études scientifiques récentes ne l'ont pas encore démontré avec certitude.
Avec elles le rêve est permis, les rendez-vous manqués ne sont plus qu'un lointain souvenir et le stress quotidien se transforme en partie de plaisir.
D'après une rumeur non vérifiée, elles auraient également la faculté d'empêcher de vieillir...
Sans garantie.

Issues de la collection "De la Course des Nuages", chacune est une pièce unique, en lin ou coton, parfois les deux. Brodées à l'aiguille au point de feston -appelé également point de boutonnière-, certaines sont dorées à la cire, d'autres sont brodées de minuscules perles authentiques en verre ciré, ou métalliques façon bronze vieilli, toutes sont munies d'un fermoir assorti.

Chacune d'entre elles dort au fond d'une petite boîte en fer blanc, patiemment décorée façon enthomologiste (impression sur papier de soie -ça va de soi- et marouflage), et ne demande qu'à être adoptée en échange d'une contribution de 38 euros tout ronds.
(Les frais d'expédition sont à convenir)


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Elles sont numérotées pour faciliter le dialogue.
Il suffit d'envoyer un message en cliquant sur les signaux de fumées dans la colonne de droite, ou -encore plus simple- en cliquant ici...

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lundi 27 juin 2011

L'art des trous



"Dans mon imagination, le créateur de l'univers faisait de la dentelle quelque part tout au bout du ciel. Avec un fil si fin qu'il laissait passer la lumière. Le dessin n'existait que dans la tête de son créateur, personne ne pouvait s'en emparer, ni prévoir le motif qui allait suivre. L'aiguille se déplaçait sans arrêt. La dentelle se poursuivait à l'infini, faisait des vagues, ondulait au vent. On ne pouvait s'empêcher de vouloir la prendre pour l'exposer à la lumière. En extase, au bord des larmes, on la caressait de la joue. Et l'on souhaitait pouvoir représenter avec ses propres mots les motifs ajoutés. Un minuscule fragment suffirait, si l'on pouvait le faire sien et le rapporter sur la terre."
Yōko Ogawa, La formule préférée du professeur (Hakase no aishi ta sūshik 2003, Prix Yomiuri 2004 - Actes Sud 2005)


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lundi 31 mai 2010

Once in a blue moon

Et tandis que Neil et Buzz cheminent de concert dans la poussière sélénite...
Tandis que Cyrano de Bergerac invente le walkman en 1657 (merci JPPH)...

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L'Autre monde ou les États et Empires de la Lune - GF Flammarion
(Cliquer sur l'image pour une bonne lisibilité)

Les biches unijambistes font leur moonwalk bien à elles...
Savants exercices de géométrie dans l'espace, où de l'art de ne pas arrondir les angles.

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vendredi 21 mai 2010

Sur la route...

S’ouvre le chemin
Poudre d'or sur les chaumes
Escale à Brême...

Cliquer pour agrandir dans une nouvelle fenêtreClopin-clopant, l'âne s’en alla sur le chemin de Brême. Il marchait depuis quelque temps quand il croisa un chien qui toussait à fendre l'âme.
« Mon Dieu, camarade ! s’exclama t'il. Tu me sembles bien mal en point. Que t’arrive-t-il ?
– Ah, mon pauvre ami ! Je suis vieux, je suis malade et je m’affaiblis un peu plus chaque jour. Je ne peux plus chasser. Alors mon maître a voulu me tuer. J’ai pu me sauver, mais maintenant, je ne sais où aller.
– Écoute, dit l’âne, moi je vais à Brême pour être musicien de la ville. Tu n’as qu’à venir avec moi ! Je jouerai du luth et toi des timbales ! »
Le chien trouva l’idée bonne, et ils mirent en route.
...



Blog en vadrouille, crayons et pinceaux en bandoulière, entre deux escapades entomologiques et couturières, avec Lachésis et Atropos comme anges gardiens.

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© Magnus Muhr

Mouches et moucherons, libellules ou papillons pour répondre à Simone, la reine du Chiffon Rose, du passepoil et du biais tartare, celle qui, la paupière affairée et le sourcil espiègle, concocte d'un doigt désinvolte d'invraissemblables sacs à malices et tout un peuple d'accoutrements aussi sobres qu'élégants, et occasionellement s'exerce à l'interprétation du Duende dans le texte...

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Trousse de voyage en fourrure
et sac à savon insubmersible
doublé en rideau de douche véritable.


samedi 3 avril 2010

Pendue au crochet


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© Photo Carole Ventura

L'origine du crochet est incertaine. Les théories s'affrontent sur le fait de savoir s'il est né en Chine -on y trouve très tôt des poupées réalisées au crochet-, au Pérou -on retrouve sa trace en Amérique du Sud où certaines tribus primitives utilisaient des parures au crochet dans les rites de la puberté-, en Tunisie, en Egypte ou au Royame du Danemark.
Certains pensent qu'il proviendrait d'Arabie d'où il se serait diffusé vers l'Est jusqu'en Anatolie, dans la région du Pamir, en Ouzbékistan, au Thibet... où il se pratique un art de la chaussette au crochet jacquard connu sous le nom de Jourab, Jurabi ou encore dzhuraby, puis vers l'ouest jusqu'en Espagne. En définitive il aurait suivi la route de la soie ainsi que les itinéraires commerciaux arabes à destination des autres pays méditerranéens.

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© Photo Larisa Vilenksy

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Une autre source fait remonter l'origine de l'art du crochet vers 1500 avant JC, on en aurait retrouvé des traces dans des communautés religieuses où il était associé aux travaux de dentelle aux fuseaux.
Les premiers ouvrages étaient probablement réalisés directement avec les doigts.

L'outil lui-même a sans doute été développé à partir d'une forme chinoise de broderie à l'aiguille, connue également en Turquie, en Inde, en Perse et en Afrique du Nord, et appelée "tambouring".
Cette technique est très similaire à la forme moderne du crochet, à la différence qu'elle était travaillée sur un fond de tissu avec un fil extrêmement fin, et une sorte de manche muni d'une mince aiguille terminée en crochet.


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Une fois atteint l'Europe au XVIIIème, quelqu'un se serait rendu compte que les points, noués selon un principe de chaînette, tenaient tout aussi bien sans l'aide de la pièce de tissu qui leur servait de support, certains prétendent y trouver la véritable origine du crochet.

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Via Project Gutenberg

En Norvège, la technique du crochet s'appelle pjoning et se pratique (ou se pratiquait ?) avec un crochet en laiton d'apparence rudimentaire et d'une forme triangulaire qui évoque vaguement une coquille.
Ces outils là paraissent assez anciens.

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Via Knitting in the Swamp

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Au Japon, l'art de crocheter des petits jouets au crochet se nomme amigurumi.
Le crochet Tunisien ou crochet Afghan, quant à lui, est une technique très ancienne dont on a retrouvé des traces dans des vestiges de l'Ancienne Egypte. Il se travaille avec un crochet très long et s'apparente un peu à la technique du tricot.

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Via London.crafts wiki

Au cours des siècles le crochet suit la mode et se transforme peu à peu, mais c'est dans l'Irlande du 19ème siècle qu'il connaît un essort prodigieux. Après la grande famine de 1846 il devient une véritable industrie domestique, les femmes du peuple s'initient rapidement à cette technique qui leur permet de travailler tout en restant chez elles.


Les guipures d'Irlande fabriquées à Dublin ou à Belfast ont été exportées dans le monde entier et en particulier dans l'Angleterre victorienne. Elles servaient, et servent encore, à orner des vêtements ou de la lingerie, mais aussi à fabriquer des petits objets décoratifs.
En France l'industrie se développe également et remplace progressivement l'artisanat, d'abord en Franche-Comté puis dans tout l'Est du pays.

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Vers le milieu du XXème siècle, le crochet cesse progressivement d'être une industrie. Il redevient un artisanat et un passe temps, pratiqué tout autant par hommes et femmes de tous les pays du monde.

© Photo Carole Ventura

En définitive, rien ne permet de savoir avec certitude où et comment il a commencé, un peu à l'instar de l'invention de l'agriculture dont on retrouve conjointement plusieurs foyers non reliés d'un bout à l'autre de la planète.

Le plus beau reste cette manière inimitable de marier les couleurs dans la technique revisitée du jacquard, que les anglo-saxons traduisent par Tapestry crochet.
Yamakas, Kippas, coiffes ethniques, chapeaux, toques, bordures, réticules, mitaines...

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© Photos Carole Ventura

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© Photo Danielle Kassner, aka Lara Croft.
On trouve le patron de ces mitaines sur Ravelry.

jeudi 1 avril 2010

Il ne tient qu'à un fil...


Pour illustrer avril qui s'en vient, comment ne pas se laisser prendre au charme de ces anciens découpages lithographiés sur papier, dénichés sur le merveilleux site Agence Eurêka !

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L'origine du poisson d'avril, selon l'hypothèse la plus courante, remonterait au 16ème siècle.
Jusqu'en 1564 l'année commençait le 1er avril, dit-on, or cette année là le roi Charles IX aurait décidé et édicté que l'année ne commencerait plus au croisement des saisons, mais au 1er janvier, là où les jours commencent à rallonger.
Ce qui bien évidemment était susceptible de bouleverser les échanges de cadeaux et d'étrennes qui marquaient le passage à la nouvelle année. Pour semer le doute au sujet de la date réelle du nouvel an, certains auraient perfidement continué à offrir leurs cadeaux en avril. Avec le temps les petits cadeaux d'avril se seraient transformés en taquineries et autres astuces pour piéger les autres.
Mais rien n'est sûr, certains esprits brillants affirment que l'année civile n'a jamais commencé un 1er avril... sans doute s'agit-il encore d'un poisson !
En France la pêche est interdite durant cette période pour permettre la reproduction des poissons, on dit que certains ont eu l'idée de se moquer des pêcheurs en jetant des harengs dans les rivières en criant : « Poisson d'avril ! ».

La tradition de la blague du 1er avril, au départ occidentale, s'est peu à peu diffusée. On la retrouve sous différentes formes selon les pays.
En Angleterre, le 1er avril est l' April's fool day. Les farces ne se font que le matin et si vous êtes piégé, vous êtes une nouille. (Je me demande si le substantif noodle a une autre signification Outre-Manche)
En Ecosse, il faut être deux fois plus vigilant car les farceurs peuvent également sévir le 2 avril. (Pas de petits profits)
Au Mexique, l'unique tour consiste à subtiliser le bien d'un ami. La victime aura en échange des bonbons et un petit mot lui indiquant qu'il s'est fait avoir.
Il existe même une version indienne du poisson d'avril : elle a lieu le 31 mars et se nomme la fête d'Huli.

mercredi 17 mars 2010

Brodeuse d'histoires


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Rainy Day - 2002

Anna Torma est une artiste d'origine hongroise née en 1952, émigrée au Canada depuis 1988.
Son interêt et sa fascination pour le textile remontent à son enfance hongroise, mères et grand-mères initiaient très tôt les petites filles à l'art de pousser l'aiguille, c'est ainsi qu'Anna elle-même est entrée dans l'univers de la broderie et de la couture.

Ses études en Arts Textiles et Design à l'Académie Hongroise des Arts Appliqués de Budapest, de 1974 à 1979, ont coïncidé avec la révolution textile des années 1970 et la popularité grandissante d'oeuvres d'artistes étrangers. À cette époque, le textile s'éloignait peu à peu de ce qu'il avait incarné jusqu'alors, art populaire ou passe-temps domestique. Dans la mesure où cette orientation particulière n'était pas encore considérée officiellement comme un des beaux-arts, elle permettait aux artistes hongrois une très grande liberté créative, puisqu'ils n'étaient pas aussi étroitement surveillés par le gouvernement que pouvaient l'être ceux qui créaient sur d'autres supports.
Des pièces furent tissées ou cousues dans des formes abstraites, installations polymorphes et travaux conceptuels, une manière d'aborder les arts textiles qui n'avait encore jamais été envisagée.

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Flora - 2008

Les structures textiles d'Anna Torma intègrent de nombreuses techniques telles que broderie, patchwork, appliqué, quilting et feutrage.
D'abord, elle assemble une base de patchworks souvent composée de tissus mis au rebut, morceaux de vieux vêtements, ensuite elle se met à produire des dessins brodés sur cette surface ainsi apprêtée.
Son but, dit-elle, est de créer un travail innovant à partir d'agencements textiles, en abordant les concepts de féminité, de domesticité et de l'origine ethnique.
Dans certaines de ses oeuvres, ses broderies d'images et de textes reprennent des extraits des carnets de ses enfants, cartographiant ainsi la progression de leurs apprentissages.
D'autres sont des compositions de morceaux de gaze cousus ensemble et parés de motifs floraux découpés dans des textiles hongrois.
Cet emprunt d'images et ces assemblages lui permettent d'insufler ses expériences personnelles et sa spiritualité et de les mettre en parallèle avec celles d'autres artistes.

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Playground I - 2002

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Lace - 2008

Ses travaux sont amples, complexes et intimes, ludiques et parfois troublants.
Chacun est comme un lieu de mémoire où l'on se perd à rêver en remontant le fil de son histoire, celle qu'elle a partagé avec ses enfants, retracée à travers leurs images et leurs récits, celle de la maternité et de l'amour inconditionnel, images de seins nourriciers, évocation d'une mère attentive et consolatrice, abreuvée à la source d'un imaginaire fantastique, entre monstres et héros.
Ses oeuvres sont réalisées avec un soin et un sens du détail et des textures, une expérience du mouvement de la maille et de l'émotion de la pièce, qui démentent leur aspect enfantin.
Magnifiques courtepointes, illustrées de graphismes fascinants et savamment désordonnés, aux bordures minces et déformées ainsi que l'étaient les courtepointes anciennes telles qu'on les faisait pour les lits d'hôpitaux à partir de tissus de vieilles chemises, modèles parfois complexes, mêlant les techniques, les matériaux et les réfèrences culturelles, son travail fait d'elle une artiste reconnue, participant à de nombreuses conférences internationales sur l'art textile.
Actuellement elle enseigne son savoir-faire au Centre d'Art de Burlington aux USA.

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Playground II - 2002

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Playground III - 2002

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Serenade - 2006

lundi 22 février 2010

Inspiration fermière


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Parallèlement à l'ouverture du Salon de l'Agriculture... vieux drap des familles retourné et moult fois reconverti, imprimé de scènes paysannes, agrémenté d'un passant de soie crêpe satin gris, cordonnet chamois et graines de sapindus assassinées à la Dremel...
Juste de quoi y glisser une petit pot de rondelles de bergamotes confites dans de la gelée de coings, une divine gourmandise, un plaisir sans nom, pour tout dire parfaitement hédonique, mitonné un soir de ces dernières vacances... Citrus Bergamia, le paradis sur terre !

Citrus bergamia Risso & Poit.

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Pendant ce temps, au registre des promesses, on fait le plein d'un côté... mais on écope difficilement à l'autre bout, raté pour le principe des vases communiquants ! D'autant qu'une commande inopinée, plus que sérieuse et fermière elle aussi, vient contraindre les ardeurs couturières... mais Simone ne perd rien pour attendre !
Maudite savetière.

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Sur l'air des onzains hétérogrammatiques...
Chacun des cent vingt et un carrés de cet ouvrage serait un onzain, un carré de onze points différents, dont chacun serait piqué dans chacune des onze mailles du centre... il y aurait onze séries de onze combinaisons colorées. Chaque série utiliserait une même série de couleurs différentes, quelque chose comme une gamme, dont les permutations produiraient un ensemble selon un principe analogue à celui de la musique sérielle : on ne peut répéter une couleur avant d'avoir épuisé la série.

Librement inspiré d'Alphabets de Georges Perec.

mercredi 27 janvier 2010

Cécile Dachary


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Corps mélangés 1/12 - 2009

Tout au long de son enfance Cécile Dachary a vu les femmes de sa famille réaliser des ouvrages, cousus, brodés, crochetés ou tricotés... Elle a appris avec elles le plaisir des «ouvrages de dames». Après des études d'arts appliqués et une carrière dans le textile, elle a choisi de se consacrer à cet univers.
Héritière d'un savoir-faire féminin, familial et professionnel, elle a gardé la mémoire de ces gestes réservés à l'intimité du foyer et tenté d'en élargir les champs. Ce qui était alors une forme d'œuvre «domestique» est devenu un mode d'expression artistique marqué d'une féminité intrinsèque.
Loin des préoccupations de vitesse, d'efficacité et de consommation de notre époque, elle dit aimer le coté laborieux de ces ouvrages, le temps, la patience et l'économie de moyens nécessaires pour les réaliser, et communs à tous les ouvrages réalisés par les femmes du monde entier, et dit son rêve que ces techniques soient toujours et encore utilisées, en hommage aux femmes d'ici et d'ailleurs et des générations précédentes.
Comme le dit Annette Messager : « un point de couture peut-être très beau ».

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2005

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Les mains liées - 2006

Elle utilise des tissus usés qui ont gardé les traces de la vie et la mémoire des corps, le passage du temps qui imprime sa marque, l'usure, les déformations, les reprises, les taches, les teintures fanées. En teignant ses tissus, elle recrée en partie cette apparence de détérioration. Teintures de fortune, elle extirpe de ses placards de cuisine les épices avec lesquelles elle cuisine, le thé qu'elle boit, mais aussi encre, eau de javel et brou de noix.
Coutures à la main, coutures machine, les fils pendent et les matières coupées par le travers se chargent de faux plis. Pièces au crochet, fil de coton, ficelle de lin, son travail est un travail de sculpteur.

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Les mots doux - 2003

Ce qui l'intéresse dans la représentation du corps avec le tissu, c'est le lien étroit qui existe entre le matériau et l'humain, on retrouve les mêmes préoccupations que celles de Manon Gignoux, le tissu est une seconde peau, une enveloppe qui garde l'empreinte du corps qui l'a portée, souvenir entier ou fragmenté. Ce souvenir gardé est multiple, émouvant, troublant, violent, sensuel ou érotique. Il devient motif ou volume, tracé ou modelé selon ses émotions ou son intuition, de l'expression la plus figurative jusqu'à celle plus simplifiée et originelle, le rond, en passant par des volumes organiques évocateurs.
Elle n'évoque pas uniquement le dehors mais aussi le dedans, en inventant sa propre représentation de l'intérieur du corps, des organes aux microscopiques cellules et bactéries, dont elle donne des images fantasmées et fantastiques.
Elle cherche ainsi à exprimer l'intimité, le secret intérieur.

Aujourd'hui elle fait des installations où elle mêle parfois des œuvres en tissu, des sculptures au crochet, des bols en céramique qu'elle fabrique elle-même et des photos numériques.

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Grand rond - 2007

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Grands ronds - 2007

Les petits restes - 2006

 
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