samedi 3 avril 2010

Pendue au crochet


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© Photo Carole Ventura

L'origine du crochet est incertaine. Les théories s'affrontent sur le fait de savoir s'il est né en Chine -on y trouve très tôt des poupées réalisées au crochet-, au Pérou -on retrouve sa trace en Amérique du Sud où certaines tribus primitives utilisaient des parures au crochet dans les rites de la puberté-, en Tunisie, en Egypte ou au Royame du Danemark.
Certains pensent qu'il proviendrait d'Arabie d'où il se serait diffusé vers l'Est jusqu'en Anatolie, dans la région du Pamir, en Ouzbékistan, au Thibet... où il se pratique un art de la chaussette au crochet jacquard connu sous le nom de Jourab, Jurabi ou encore dzhuraby, puis vers l'ouest jusqu'en Espagne. En définitive il aurait suivi la route de la soie ainsi que les itinéraires commerciaux arabes à destination des autres pays méditerranéens.

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© Photo Larisa Vilenksy

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Une autre source fait remonter l'origine de l'art du crochet vers 1500 avant JC, on en aurait retrouvé des traces dans des communautés religieuses où il était associé aux travaux de dentelle aux fuseaux.
Les premiers ouvrages étaient probablement réalisés directement avec les doigts.

L'outil lui-même a sans doute été développé à partir d'une forme chinoise de broderie à l'aiguille, connue également en Turquie, en Inde, en Perse et en Afrique du Nord, et appelée "tambouring".
Cette technique est très similaire à la forme moderne du crochet, à la différence qu'elle était travaillée sur un fond de tissu avec un fil extrêmement fin, et une sorte de manche muni d'une mince aiguille terminée en crochet.


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Une fois atteint l'Europe au XVIIIème, quelqu'un se serait rendu compte que les points, noués selon un principe de chaînette, tenaient tout aussi bien sans l'aide de la pièce de tissu qui leur servait de support, certains prétendent y trouver la véritable origine du crochet.

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Via Project Gutenberg

En Norvège, la technique du crochet s'appelle pjoning et se pratique (ou se pratiquait ?) avec un crochet en laiton d'apparence rudimentaire et d'une forme triangulaire qui évoque vaguement une coquille.
Ces outils là paraissent assez anciens.

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Via Knitting in the Swamp

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Au Japon, l'art de crocheter des petits jouets au crochet se nomme amigurumi.
Le crochet Tunisien ou crochet Afghan, quant à lui, est une technique très ancienne dont on a retrouvé des traces dans des vestiges de l'Ancienne Egypte. Il se travaille avec un crochet très long et s'apparente un peu à la technique du tricot.

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Via London.crafts wiki

Au cours des siècles le crochet suit la mode et se transforme peu à peu, mais c'est dans l'Irlande du 19ème siècle qu'il connaît un essort prodigieux. Après la grande famine de 1846 il devient une véritable industrie domestique, les femmes du peuple s'initient rapidement à cette technique qui leur permet de travailler tout en restant chez elles.


Les guipures d'Irlande fabriquées à Dublin ou à Belfast ont été exportées dans le monde entier et en particulier dans l'Angleterre victorienne. Elles servaient, et servent encore, à orner des vêtements ou de la lingerie, mais aussi à fabriquer des petits objets décoratifs.
En France l'industrie se développe également et remplace progressivement l'artisanat, d'abord en Franche-Comté puis dans tout l'Est du pays.

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Vers le milieu du XXème siècle, le crochet cesse progressivement d'être une industrie. Il redevient un artisanat et un passe temps, pratiqué tout autant par hommes et femmes de tous les pays du monde.

© Photo Carole Ventura

En définitive, rien ne permet de savoir avec certitude où et comment il a commencé, un peu à l'instar de l'invention de l'agriculture dont on retrouve conjointement plusieurs foyers non reliés d'un bout à l'autre de la planète.

Le plus beau reste cette manière inimitable de marier les couleurs dans la technique revisitée du jacquard, que les anglo-saxons traduisent par Tapestry crochet.
Yamakas, Kippas, coiffes ethniques, chapeaux, toques, bordures, réticules, mitaines...

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© Photos Carole Ventura

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© Photo Danielle Kassner, aka Lara Croft.
On trouve le patron de ces mitaines sur Ravelry.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci pour cet article. Je suis une fan des travaux d'aiguilles et je découvre encore une fois des choses que je ne connaissais pas.
J'ai grand plaisir avec toutes les "trouvailles" que je lis sur ce blog...et l'ambiance musicale et toujours très plaisante.

Bon dimanche à tous.

Edith

clothogancho a dit…

Ta longue citation de Fabre sur l'araignée Clotho m'a ravie... j'ai été une lectrice gourmande de JH Fabre et j'y retourne parfois encore, en amoureuse des plantes -plus que des insectes, je l'avoue !-.
Belle documentation sur un art probablement immémorial et ces mitaines me tentent furieusement. Je viens de voir une fabuleuse collection de kippas crochetées, à vendre dans la boutique qui jouxte maintenant l'ancienne synagogue rebaptiseé Santa Maria la Blanca à Tolède ! Pas osé dégainer mon appareil...

isabelle a dit…

un mini tour du monde ... merci pour le voyage (et la bande son est parfaite)

Casse-bonbec a dit…

Bonjour,
une amie, me sachant dingue de crochet, vient de m'envoyer le lien vers ce magnifique article.

Je n'ai qu'un mot à dire : merci !!!

les échanges de Mamouchka a dit…

très intéressant, merci !

Mamouch'ka a dit…

très intéressant, merci

marcellou a dit…

Merci pour toutes ces infos quand je crocheterais je penserai a ton article

 
[]