mercredi 26 janvier 2011

Tissu minéral


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Grès blancs ou noirs, terre d'Orriule ou porcelaine, le travail de Gaëlle Guingant-Convert relève à la fois de l'architecture et de la sculpture.
Modelage, colombin, tournage, chaque pièce résulte d'une volonté de prendre le temps, en répétant inlassablement les gestes premiers et communs d'un art séculaire.

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Dans un monde dominé par l'empressement et le mercantilisme, le choix est délibérément opposé :
copier, répéter, décortiquer, démonter, prendre la liberté de faire et refaire indéfiniment, de réinventer et d'imaginer ces microcosmes aux allures de conques ou d'enchevêtrures organiques.
De la répétition nait ce territoire étrange, entre végétal et minéral, locules de nymphes en gestation comme autant de refuges patiemment échafaudés, édicules stratifiés, sédimentés, entre art primitif et dentelle de terre elaborée par le rythme des saisons, gauffrés, estampés, plissés par le jeu d'une écriture laborieuse, lente et inlassable, tatoués au passage de la mirette ou de l'estèque, parfois incisés comme sous le coup d'une morsure ou ridés comme une peau.

Les pièces sont, soit laissées brutes et réhaussées d'un engobe ou d'un jus d'oxyde -fer, manganèse, cuivre, cobalt-, soit émaillées en procédant parfois par superpositions pour créer d'étonnants effets de matières.

Cliquer pour agrandir dans une nouvelle fenêtreCliquer puor agrandir dans une nouvelle fenêtreCliquer pour agrandir dans une nouvelle fenêtreNée en 1971 de parents artisans d'art, Gaëlle Guingant-Convert a baigné toute son enfance dans les odeurs et les bruits d'atelier.
Après un cursus universitaire et quelques cours de tournage, c'est en recherchant les sensations de son enfance que le travail de la terre lui est apparu comme une évidence.

samedi 12 décembre 2009

Sabrina Meyns


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Puiser son inspiration au milieu du jardin, avec une préférence particulière pour la fin de l'été et la période automnale, se laisser happer par les qualités délicates des capsules et l'art de la miniature que développe la nature lorsqu'il s'agit d'enfermer les germes de la vie dans le plus petit édicule qui soit...

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Lorsque les plantes et les fleurs arrivent à la fin de leur cycle de vie, leurs pétales et leurs feuilles deviennent fragiles et translucides. Nervures et squelettes de plantes apparaissent, le végétal prend une dimmension étrange et tragique, empreintes fantomatiques de ses formes antérieures. Pourtant, ces frêles édifices détiennent en eux les grains précieux et indispensables à leur renaissance, menus appareillages, nefs miniatures, symboles de l'ardeur fragile, incapables de se soustraire sans dommages à l'inclémence de l'hiver.
La vulnérabilité de la beauté éphémère engendre son intensité.
Les voici tels des navires progressivement rongés par les éléments, tandis que leur contenu est dispersé à tous vents.

Sabrina Meyns, jeune artiste irlandaise, a conçu une série de broches, formes creuses, qui présentent au regard les expressions tangibles de cette beauté presque immatérielle. Elle travaille avec une palette limitée de couleurs et de matières, utilisant du papier fait main, des semences, et quelques touches d'argent. Ce choix du support traduit le mieux sa fascination pour la translucidité, la fragilité et la beauté fugitive qui existent dans la nature.
La lumière exalte ses oeuvres, éclairant les plus petits détails, ceux inhérents au matériel comme ceux qui ont été délibérément pris au piège de la forme pour en cerner la perception.

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vendredi 11 décembre 2009

Bijouterie narrative


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Jo Pond © 2009

Jo Pond a obtenu son Master of Arts à l'école de bijouterie de Birmingham en 2005, mais dés janvier 2003 elle avait déjà créé son entreprise de design, tout en étant conseillère technique à l'Université de Loughborough.
Artisan joailler et designer en orfèvrerie, elle est maintenant professeur à plein temps à l'école de Bijouterie du Birmingham Institute of Art and Design.

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Jo Pond © 2009

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Jo Pond © 2009

Poésie et mémoire des objets travaillés avec délicatesse et dans toutes leurs aspérités, révèlent la magie de ses créations.
Fascinée par la perception ambivalente de la beauté particulière qui réside dans la matière organique, elle joue sur les relations que cette beauté établit avec le regard et la subjectivité. Prenant plaisir à chercher la source de son inspiration parmis des collections d'objets non conventionnels, manifestations de l'impermanence, elle s'attache à établir une collusion qui peut intégrer des détails non intentionnels, des éléments à première vue icompatibles tels que ceux offerts par la décomposition ou la dégradation, avec des éléments plus convenus, pour créer des objets, beaux et déconcertants par leur ambiguïté, toujours axés sur la vulnérabilité de l'imperfection.

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Jo Pond © 2009

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Jo Pond © 2009

La nature animale ou végétale, avec ses distorsions et ses irrégularités, peut être considérée comme étant d'une esthétique médiocre. Mais cette perception reflète assurément une attitude à l'égard de nos propres imperfections. Utilisant les références symboliques de la forme, de la matière et de la technique, Jo Pond s'efforce d'illustrer, ou peut-être de rétablir, la présence de la beauté intrinsèque au sein même de ces défauts.

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Jo Pond © 2009


La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle ou ne sera pas.
André Breton - L'amour fou.

lundi 17 août 2009

Ingénierie de bétail, ah la vache !

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Plus dure que la corne, plus brillante que l'os et plus soyeuse au toucher que l'ivoire, la GALALITHE a été une des premières matières de synthèse, au même titre que la BAKELITE, et le CELLULOÏD.
Découverte en 1889 par Adolph Spitteler et W. Kirsche à partir de la caséine du lait, elle fut stabilsée en 1889 par un chimiste français, Jean-Jacques Trillat, qui réussit à la durcir par immersion dans le formol.
Elle fut présentée à l’exposition universelle de 1900 à Paris.

C'est ainsi que ce sous-produit du lait de vache -connu sous le nom d'ERINOID au Royaume Uni- révolutionna l'industrie du bouton par sa capacité à créer des effets de structures et à imiter toutes sortes de matières, corne, écaille, ivoire, bois, etc...
On l'utilisa aussi dans les années 1930 pour la fabrication de bijoux, de stylos ou de manches de parapluie... La production mondiale à cette époque atteignait les 10.000 tonnes.
Parker le rebaptisera Ivoirine.

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Une des grandes qualités de la galalithe était due à sa porosité, ce qui en faisait une matière idéale à teindre par immersion dans des bains colorés. N'ayant pas la capacité d'être moulée, elle était fabriquée sous la forme de tubes ou de plaques de différentes épaisseurs qui étaient retravaillés manuellement.

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Sa fabrication connu un grand développement, mais l'apparition des matières plastiques issues du pétrole scella le sort de ce polymère biodégradable. Trop coûteuse, sa production s'arrêta après la Seconde Guerre mondiale.
Au XXIe siècle la galalithe reste néanmoins employée de façon artisanale pour la fabrication de petits objets, et qui sait si la fin du pétrole ne réveillera pas la belle endormie... après l'or noir, la voilà la vache à lait !

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Encyclopédie Larousse - 1921.
La caséine, qui constitue la matière première de la galalithe, doit être aussi pure que possible, et pour cela provenir d'un «petit-lait», complètement dé­pourvu de globules gras. La caséine, bien sèche, est d'abord soumise à une trituration préliminaire entre deux meules de pierre ; elle est ensuite moulue entre des meules de porcelaine, qui la réduisent en granules comparables à de la grosse semoule. La masse est humectée d'eau bouillante, puis on la laisse gonfler pendant une durée de six à douze heures. On obtient ainsi une pâte que l'on travaille pour lui donner la forme qu'aura ensuite la galalithe. On la lamine dans des laminoirs analogues à ceux employés pour la fabrication du celluloïd, puis on la comprime à haute pression sous une presse hydraulique dont les pla­teaux sont chauffés. On obtient ainsi des plaques qui sont, enfin, soumises à l'action du formol. Pour cela, on les plonge dans un bain d'une liqueur de formol, dont la masse est maintenue constamment en état d'agitation sous l'action d'une pompe. La durée de l'opération est de quinze à vingt jours.
Préparée avec de la caséine pure, la galalithe serait incolore et presque transparente. Généralement, on se propose de l'employer pour imiter des matières colorées, et pour y arriver on incorpore à la pâte, en cours de fabrication, des éléments divers lui don­nant des colorations et des aspects variés. Ces élé­ments, qui constituent la « charge» de la pâte, lui sont incorporés avant son passage sous le laminoir. Leur nature est très variée. Pour imiter l'écaille, par exemple, on mélange à la pâte des flocons de noir de fumée. Afin d'obtenir une coloration uniforme et un produit régulier, il est nécessaire qu'il n'y ait pas une trop grande différence de densité entre la pâte et le colorant.

Fut une époque où accordéons, bandonéons, concertinas, mélodéons... s'offraient des boutons en galalithe.

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mardi 21 avril 2009

Haute-couture pour fées



David Ellwand est un photographe britannique, passionné par le floklore et les légendes du monde des fées et des lutins.
Il a débuté sa carrière de photographe à l'âge de dix-huit ans et a consacré une grande partie de son temps à photographier les fleurs.
Il raconte qu'un jour, après avoir travaillé avec des lis calla, il oublia de les remettre dans l'eau. Alors qu'ils commençaient à sécher naturellement, il remarqua comment l'un d'entre eux ressemblait à une petite chemise de soie. Il eut l'idée de tourner et former les fleurs, et les modeler d'après les modèles de vêtements suggérés par leur forme organique. A travers cette expérimentation méticuleuse, il éprouva la courbe des plumes qui formaient une boucle parfaite, l'incurvation naturelle des pétales de fleurs et la façon dont les lis demi-séchés pouvaient être travaillés dans toutes sortes de formes.
Le plus difficile était de faire en sorte de pouvoir manipuler ce matériel délicat -fleurs, plumes, feuilles, herbes, écorces, fougères, coquilles et autres éléments naturels-, sans le détruire.
En outre il paraissait évident que ses créations minuscules avaient besoin d'être photographiées immédiatement, avant qu'elles n'aient commencé à se faner et se flétrir.
C'est ainsi que, petit à petit, germa l'idée d'un ouvrage consacré aux habits féériques, «Fairie-ality» («Défilé de fées» pour la version française), livre conçu de façon exquise, le catalogue clin d'oeil de mode pour les fées branchées, véritable petite merveille d'édition composée à 6 mains avec Eugénie Bird, rédactrice de mode, et David Downton, dessinateur de mode connu pour être associé aux noms les plus prestigieux, Dior, Chanel, Valentino, Lacroix..., et pour avoir travaillé avec des revues telles que Vogue, Elle ou Marie Claire.

Le livre contient plus de 150 modèles destinés aux fées, tenues de rêve aux couleurs douces et chatoyantes, tailleurs chics, robes de bal, chapeaux, chaussures, maillots de bain, sous-vêtements féeriques, rien n'a été oublié, pas même la robe de la mère de la mariée en plumes d'oie et canard mélangées, soulignée par des boutons en coquilles d'escargot... tout simplement à tomber !
La présentation elle-même n'est pas en reste avec des jeux de pliages et de textures, des pages cartonnées, des pages de papier calque pour d'élégants effets de transparence, une jolie carte glissée dans une pochette diaphane... pour ainsi dire un livre objet.
Les commentaires sont frais et plein d'humour, alliant le modernisme des slogans publicitaires à la poésie de cet autre univers qu'est la mode, et les photos sont accompagnées d'aquarelles magnifiques avec ça et là quelques lignes empruntées à Shakespeare ou Thomas Percy.

Tablier d'artiste - Feuilles de maïs


Robe de mariée - Plumes et lys mélangés
 
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