dimanche 7 juin 2009

La nouille dans tous ses états


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Pour mettre la nouille à l'honneur -n'en déplaise au regretté Desproges- et célébrer l'un des évènements les plus perceptibles du calendrier, je ne résiste pas à l'envie d'afficher ici quelques oeuvres à vocation populaire en forme d'accumulation archéo-poétique...

Des nouilles ? Encore ?
Mais pour quoi faire ?
Des colliers...

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Pâtes et nouilles de couleurs chez Pic'Nouille

... toujours des colliers,

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Agnès Propeck - “Le collier de la Reine”.
Exposé en juin 2007 à l’occasion de la 5e édition
du Parcours Saint Germain,
«SWEET’ ART ou L’Art de la Gourmandise».

... mais bien d'autres choses encore.

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- Portrait d'une fête chargée d'histoire.
Traditionnellement, la fête des mères se célèbre le dernier dimanche de mai sauf lorsque celui-ci coïncide avec la Pentecôte ; elle est alors reportée au premier dimanche de juin.
Un demi siècle fut nécessaire, en France, pour officialiser cette manifestation.
Dès 1806 Napoléon évoqua la possibilité d'une fête des mères officielle, mais c'est en mai 1920 que le ministre de l'Intérieur instaura la première Journée Nationale des Mères de familles nombreuses, destinée à récompenser ces mères exemplaires qui "travaillaient" au repeuplement de la France.
En avril 1926 eu lieu la première cérémonie officielle, avec remise des médailles de la Famille Française.

Cependant, les premiers germes apparaissent dans les sociétés anciennes. Ainsi dans la Grèce antique, au printemps, éaient organisées des cérémonies en l’honneur de Rhéa, femme de Cronos et mère de tous les dieux.
Dans la mythologie romaine, Rhéa est assimilée à Cybèle, l’aïeule de tous les dieux ; elle est surnommée la déesse des Bérécynthes.
A Rome, justement, jusqu’au Vème siècle avant Jésus-Christ, au mois de juin, étaient célébrées les « Matralia », la fête des femmes et des mères. Rassemblées au temple de Mater Matuta, la « Mère du Matin », les romaines offraient à la déesse des galettes jaunes symbolisant le soleil, puis portaient dans leurs bras les enfants de leurs sœurs et non pas les leurs.
L’émergence de la religion chrétienne fit peu à peu disparaître ces coutumes païennes.

En Grande-Bretagne, entre le XVème et XVIIème siècle, lors du «Mothering Sunday», organisé d’abord au début du carême puis au quatrième dimanche de printemps, les mères qui travaillaient comme domestiques dans les familles fortunées avaient droit à un congé pour retourner à leur domicile et passer cette journée avec leur famille.
Cependant, la véritable origine moderne de la Fête des Mères arrive des Etats-Unis.
En 1872, l’écrivain Julia Ward Howe lance l’idée -à Boston- d’octroyer un jour de l’année aux mères, afin de les célébrer.
Jugée trop originale, l’initiative est assez rapidement abandonnée avant d’être reprise en 1907 par Anna Jarvis, une habitante de Philadelphie. Elle demande aux autorités de Virginie qu’un office religieux en l’honneur de toutes les mères soit organisé chaque second dimanche de mai, date anniversaire de la mort de sa propre mère. Cette fois, la coutume prend son essor, le Président Woodrow Wilson l’officialise en 1914 par un décret, et la fixe de fait au 2ème dimanche de mai.
En 1917, les soldats américains, engagés sur le vieux continent dans la première guerre mondiale, envoient des cartes à leurs mères à l’occasion de la Fête des Mères et exportent ainsi le concept.
En fait, l’idée germe en France depuis quelques années. Dès 1897, l’Alliance Nationale contre la dépopulation suggère de fêter les familles nombreuses. Ainsi, fleurissent quelques « Fêtes des Enfants » où l’on récompense plus l’enfant, fruit de l’union, que la mère qui lui a donné le jour.
En juin 1906, à l’initiative de « l’Union fraternelle des pères de familles méritants » d’Artas, en Isère, se déroule la première célébration des mères avec remise de diplômes et décorations aux plus méritantes.
Le 16 juin 1918, est créée la première « Journée des Mères », à Lyon. Plusieurs familles reçoivent des récompenses, certaines offertes par le Président de la République.
Le 9 mai 1920, dans un contexte de politique nataliste, le ministre de l’Intérieur autorise la première « Journée Nationale des Mères de familles nombreuses ». Une collecte publique est organisée avec succès, dont les fonds récompensent les familles qui repeuplent la France. Cette année-là, des enseignants d’Alsace proposent à leurs élèves de fabriquer un objet et de rédiger un compliment en l’honneur de leur maman.
Le succès grandissant de cette manifestation conduit le gouvernement à décider la mise sur pied, chaque année, de la «Journée des Mères», dont la première cérémonie se tient le 20 avril 1926 avec remise de médailles.
En 1941, le régime de Vichy inscrit la Fête des Mères au calendrier. La nouveauté est qu’on y honore toutes les mères, famille nombreuse ou pas.
Mais le texte de loi instituant la fête des mères ne sera publié qu'en 1950, le 24 mai, signé par le Président de la République Vincent Auriol.


S'ouvre alors une ère nouvelle, celle des colliers de nouilles amoureusement confectionnés par des générations de petits et grands enfants !

- Le Conservatoire des Curiosités, compagnie de théâtre de rue et musée itinérant des patrimoines imaginaires, met en valeur ces petits chef-d'oeuvres de poésie brute que sont les breloques en pâtes alimentaires, grâce aux compétences de l'inénarrable 'conphérencière' Mademoiselle Morot.
"Le cadeau de fête des mères, élément récurrent de « l’art scolaire » et des patrimoines familiaux peut-il encore être considéré comme déclencheur d’imaginaires ? ".
Humour, poésie et décalage.

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Et en guise d'ultime clin d'oeil, deux jolies références un peu divergentes pour parfaire sa culture nouillesque.

- Antigone de la Nouille de Jean-Loup Chiflet, qui loin d'être un collier de nouilles n'en est pas moins rempli de perles, bêtisier de libraires et autre bibliothécaires, où se côtoient joyeusement "Thérèse Ramequin" et "L'archipel du goulash", "Cinzano de Bergerac", "Hamed de chez Kespeare", "Boule de snif" et tant d'autres.

- La confiture de nouilles
(Pierre Dac)

«La confiture de nouilles remonte à une époque fort lointaine; d'après les renseignements qui nous ont été communiqués par le conservateur du musée de la Tonnellerie, c’est le cuisinier de Vercingétorix qui eut, le premier, l'idée de composer ce chef d'œuvre de la gourmandise.

Avant de semer la graine de nouille, les nouilliculteurs préparent longuement le champ nouillifère pour le rendre idoine à la fécondation et versent sur toute sa surface de l'alcool de menthe dans la proportion d'un verre à bordeaux par hectare de superficie ; cette opération, qui est confiée à des spécialistes de l'école de Nouilliculture, est effectuée avec un compte-gouttes.

Après cela, on laisse fermenter la terre pendant toute la durée de la nouvelle lune et, dès l'apparition du premier quartier, on procède alors aux senouilles de la graine de nouilles.

La nouille, encore à l'état brut, est alors soigneusement triée et débarrassée de ses impuretés; après un premier stade, elle est expédiée à l'usine et passée au laminouille, qui va lui donner l’aspect définitif que nous lui connaissons ; le laminouille est une machine extrêmement perfectionnée, qui marche au guignolet-cassiss et qui peut débiter jusqu'à 90 kilomètres de nouilles à l'heure; à la sortie du laminouille, la nouille est automatiquement passée au vernis cellulosique, qui la rend imperméable et souple ; elle est ensuite hachée menu à la hache d'abordage et râpée. Après le râpage, la nouille est alors mise en bouteille, opération très délicate qui demande énormément d'attention ; on met ensuite les bouteilles dans un appareil appelé électronouille, dans lequel passe un courant de 210 volts ; après un séjour de douze heures dans cet appareil, les bouteilles sont sorties et on vide la nouille désormais électrifiée dans un récipient placé lui-même sur un réchaud à haute tension.

On verse alors dans le dit récipient du sel, du sucre, du poivre de Cayenne, du gingembre, de la cannelle, de l'huile, de la pomme de terre pilée, un flacon de magnésie bismurée, du riz, des carottes, des peaux de saucisson, des tomates, du vin blanc et des piments rouges ; on mélange lentement ces 7 ingrédients avec la nouille à l'aide d'une cuillère à pot et on laisse mitonner à petit feu pendant vingt et un jours. La confiture de nouilles est alors virtuellement terminée. Lorsque les vingt et un jours sont écoulés, que la cuisson est parvenue à son point culminant et définitif, on place le récipient dans un placard, afin que la confiture se solidifie et devienne gélatineuse ; quand elle est complètement refroidie, on soulève le récipient très délicatement, avec d'infinies précautions et le maximum de prudence, et on balance le tout par la fenêtre parce que ce n'est pas bon.

Voilà, mesdames et messieurs, l’histoire de la confiture de nouilles ; c'est une industrie dont la prospérité s'accroît d'année en année; elle fait vivre des milliers d'artisans, des ingénieurs, des chimistes, des huissiers et des fabricants de lunettes. Sa réputation est universelle et en bonne ambassadrice elle va porter dans les plus lointaines contrées de l'univers, par-delà les mers océanes, le bon renom de notre industrie républicaine, une et indivisible et démocratique


8 commentaires:

Nessy a dit…

Tu n'as pas hésité à mettre un bon coup de collier et la main à la pâte pour ce bel article.

Minie a dit…

Tu trouves aussi ? ;-))

isabelle a dit…

super documenté ce post, on apprend plein de choses ... et j'adore la conclusion ... hilarante !!

Anonyme a dit…

Mais pourquoi le vilain coucou n'a pas réussi à te piquer tes photos ?

Les beaux dessins ET l'informatique me changent en p..ite c....e m.... !

Minie a dit…

Madame bas-bleus je présume... !?
Je pense tout simplement que les photos hebergées sur Blogspot sont 'protégées', et pas celles de MCI. Sur Flickr c'est comme ça aussi. Sauf qu'il y en a une qui passait quand même...
La parade ? Ré-héberger tes photos et les mettre à la place de celles qui ont été "chippées", ensuite supprimer les anciennes, comme ça le lien est mort chez celui ou celle qui a eu l'indélicatesse de venir faire ses courses chez toi.
C'est ce que j'ai fait pour la photo qui apparaissait encore, mais la donzelle a avoué son forfait et retiré tous les messages volés...

Sonja a dit…

Promis, la prochaine qu'il pleut, je donnerai un paquet de nouilles à ma Sweetie (3 ans et 9 mois) et Hop, au travail pour la confection de quelques bijoux artisanaux!
...après, il faudra que je les porte au boulot:))))

Anonyme a dit…

Hello !
Je "travaille" la nouille également. Mais comment faites vous pour les percer ? Perso, j'ai tenté de les cuire juste ce qu'il faut pour les percer facilement ; mais problème, en séchant, la nouille s'abime. Les percer à "dur" ? faudrait alors une perceuse très très fine ? ... Dites moi votre secret ! ;) Merciiiii

Minie a dit…

Je n'aurai qu'un mot : Dremmel (en magasin de bricolage) ;-)
Sinon, attendre que les petites bêtes y fassent des trous d'elles-mêmes... !?
Bon courage !

 
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