
Avec l'aimable autorisation de Bannister.
B Minor Walz (en écoute ici >>>), dédié à son ex-femme Ellaine qui s'est suicidée en se jetant sous une rame de métro, ouvre l'album "You must believe in spring", sorte d'oeuvre au noir, d’une tristesse pathétique marquée par la sensibilité d'Evans faite de nostalgie, mais d'une nostalgie sans outrance.
Après une magnifique reprise du thème tiré des Demoiselles de Rochefort (« You must believe in spring », composé par Michel Legrand sous le nom de "Chanson de Maxence"), le « We will meet again » dédié à son frère qui vient de se donner la mort : véritable main tendue au travers des ténèbres, comme une promesse d’une rencontre dans un au-delà où se poursuivraient leur complicité brutalement interrompue, composition habitée par la tristesse et magnifiquement soutenue par la contrebasse tout en rondeur d’Eddie Gomez.
Disque d’une beauté crépusculaire, habité par la mort, où Bill Evans convoque les ombres de son passé comme aussi celle de Scott Lafaro, son brillant contrebassiste fauché en pleine jeunesse 16 ans auparavant.
Le disque se termine curieusement sur « Suicide is painless » (Le suicide est indolore), thème tiré du film MASH.
Il a été enregistré en 77 mais n'est sorti qu'en 80, à titre posthume.
Bill Evans est mort le 15 septembre 1980 à New York, des suites d'une hémorragie interne.
La beauté et la majesté d'un ange à peine écorné au seuil de la nuit, là où les rêves s'abreuvent à l'impossible et se consolent de trop rêver...
Comme une grande marée, "sous le ciel grand ouvert, la mer ferme ses ailes." *
* Paul Eluard
3 commentaires:
Bonne idée de mettre en avant la plume de Bannister
;-)
Ah quel foutu disque de Bill Evans!
Grands dieux que c'est prenant...
Très beau blog que le tien,
découvert via "Voices".
J'avais aussi dit deux mots de ce disques sur mon blog, là :
http://roudotf.canalblog.com/archives/2008/04/19/8876979.html
Je reviendrais!
Hm, hm, un confrère !
Merci pour ta visite, mais oui, reviens quand tu veux ! ;-)
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